« Lawrence dit ce qu'il fait et fait ce qu'il dit. »
— Une amie du Centre de Droit de la Consommation de Montpellier, 1998
Le Code pénal de 1810 interdit, en substance, quatre choses : tuer, voler, tromper et mentir1. Napoléon lui-même souhaitait que ses lois pénales fussent rédigées « avec la concision du Décalogue »2. Il se plaçait donc consciemment dans une filiation millénaire. Mais laquelle ? D'où viennent ces quatre interdictions ? Pourquoi les retrouve-t-on sur tous les continents, dans toutes les civilisations, depuis les premiers écrits de l'humanité ? Et surtout : pourquoi ne fonctionnent-elles pas ?
Je voudrais montrer ici que ces quatre commandements négatifs — « tu ne feras pas » — sont le symptôme d'une fracture originelle, et non son remède. Qu'ils partagent une structure commune avec les spectacles du pouvoir que j'appelle les jeux du cirque. Et qu'il existe une voie radicalement différente, qui ne passe ni par l'interdiction ni par l'obligation, mais par l'acte visible fait pour l'autre.